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Le W3C tranche en faveur de l’Encrypted Media Extensions Les services de VoD se frottent les mains

L’EME permet de mieux protéger les contenus proposés en streaming. Cependant, cette standardisation va compliquer la vie des chercheurs en sécurité

Les services de VOD vont utiliser un DRM unique

L’Encrypted Media Extensions (EME) est un verrou électronique utilisé par les distributeurs de contenus vidéo en ligne pour protéger leurs œuvres. Les négociations relatives à son instauration ont duré 5 bonnes années. Finalement, la W3C a tranché en faveur de ce DRM. Désormais, les acteurs du secteur s’appuieront sur un outil unique.

Les services de VOD comme Amazon, Netflix ou YouTube ont bien accueilli cette officialisation. Avant, ils étaient obligés de concevoir leur propre verrou électronique afin d’éviter le piratage de leurs contenus. Une autre solution fut également essayée, convaincre les utilisateurs d’intégrer des plug-ins et des extensions à leurs navigateurs. Toutefois, ces mesures ont largement montré leurs limites. Maintenant, les codes seront directement installés dans le navigateur. Les acteurs du web et de la vidéo ont anticipé cette décision du W3C. Chrome, Edge, Firefox ainsi que Safari supportent déjà l’EME depuis 2015. De son côté, Netflix sécurise ses transmissions en HTML 5 avec cette technologie. Autrement dit, cette officialisation ne change pas grand-chose à notre quotidien. Bref, le W3C a adopté une position pragmatique.

Les arguments en faveur de l’EME

L’EME offre aussi quelques avantages en plus de la standardisation. Les extensions proposées par certains acteurs ne sont pas fiables, elles offrent une protection limitée contre les tentatives de piratage. Par conséquent, des individus malintentionnés s’en serviront pour accéder aux ordinateurs des particuliers. Dans ce contexte, la présence de ce DRM améliore la sécurité des utilisateurs.  Les responsables du W3C soutiennent aussi que l’officialisation de l’EME va simplifier le travail des développeurs. Toutefois, certaines personnes estiment que cette décision constitue une menace contre la liberté sur le web. Les développeurs indépendants la perçoivent également comme une entrave à leur travail.

Des voix se lèvent contre l’officialisation de l’EME

L’EME renforce le pouvoir des services de vidéos sur mesure et les développeurs des grands navigateurs. L’EFF (Electronic Frontier Foundation) estime que les grands acteurs de la vidéo en ligne pourraient être tentés d’utiliser ce système pour contrôler le navigateur des particuliers, et cela de manière tout à fait légale. Face à ce souci, le W3C soutient que la vie privée des utilisateurs n’est pas menacée, car les informations collectées se limitent aux besoins du service. Les défenseurs de la liberté en ligne ont également du mal à convaincre les internautes. Par exemple, la journée en faveur d’un Internet sans DRM, organisée le 9 juillet, n’a pas encore eu le succès escompté.

De leur côté, les chercheurs en sécurité avancent que le W3C n’a pas apporté une réponse concrète à leur problème. Aujourd’hui, contourner un système de sécurité permet de trouver ses failles et de les corriger. Pourtant, en agissant ainsi, les chercheurs indépendants encourent des poursuites judiciaires. Par exemple, aux États-Unis, le Digital Millenium Copyright Act interdit le contournement d’un DRM, même si son auteur ne vise pas à pirater le contenu. Dans ses résolutions, le W3C n’a pas adopté une position claire, il a seulement encouragé ceux qui utilisent l’EME à ne pas appliquer cette réglementation contre les chercheurs en sécurité.

En plus du côté juridique, les développeurs indépendants doivent surmonter un problème plus pratique. Même si l’EME est officialisé, chaque société peut installer sa propre technologie de décryptage. Cette situation avantage les grands navigateurs qui peuvent collaborer directement avec les fournisseurs de vidéo en ligne. De leur côté, les promoteurs de solutions alternatives pourraient payer une licence avant de pouvoir intégrer leurs modules de décryptage. Sans cet accord,   leur navigateur deviendrait inutile, car il ne peut pas déchiffrer le contenu proposé.

L’officialisation de l’EME offre plus de moyens aux fournisseurs de vidéo à la demande. Maintenant qu’ils ont gagné une bataille, quelle est leur prochaine étape ?

>> Pour en savoir plus : Apple veut devenir un leader du divertissement

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